Récit de la course : Sparnatrail 2008, par Zeb

L'auteur La course
Kikoureur : Zeb
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Zeb
Course : Sparnatrail
Date : 9/11/2008
Lieu : Epernay (Marne)
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Distance : 50 kms
Matos :
Objectifs : Pas d'objectif
Etat de grâce


 

Photo de Chtigrincheux

Cela devient, depuis 2005, un rendez-vous incontournable (même si en 2006, je n’ai fais que la moitié, sans dossard). Nous avons tellement peu d’ultra dans la région que louper le « Sparna » serait une hérésie.

 

Cette année, 3 semaines après le marathon de Reims, je n’ai pas d’objectif précis, me faire plaisir, rencontrer les amis et boire une bonne Chimay à l’arrivée suffirons amplement, d’autant que l’Origole se profile de nouveau en cette fin d’année…

 

La veille, je reçois à la maison Chtigrincheux (du Nord) et Kourpavix (de la région parisienne) venus découvrir nos coteaux champenois sous un angle différent. Une paire de Leffe et un peu de vin rouge nous aiderons à faire passer le sacro-saint plat de pâtes, ce fût un moment bien agréable, mais avec les 60 ans de ma belle-maman la veille, ça fait un peu beaucoup de vin dans les mirettes avant une course…

 

veille, ça fait un peu beaucoup de vin dans les mirettes avant une course…

 

  

Bref, départ le lendemain matin de Reims à 6h30 sous une pluie battante et un bon vent qui nous font craindre le pire quant aux conditions de course.

Le retrait du dossard se fait rapidement, tiens, j’ai le « 22 », on se change tranquillement dans les gradins. J’y retrouve mes compères de Trail Aventures , Stéphane, Benoît, Edith et Patricia, ainsi Michael (aussi collègue de boulot) et Yannick, mais aussi quelques UFO (Sandrine et le Sanglier, Actarus, Juanfé et évidement, Mitch) et autre Kikourou (Sonia Semmad, que je ne connaissait pas venue gentiment nous saluer, et Manuwalk. J'apercoit aussi Embrunman, mais on ne se connait pas).

 

8h00, départ groupé vers le pont de la marne où sera donner l’habituel départ. Il pleut, mais raisonnablement, j’ai laissé la veste raidlight dans le sac, j’ai peur de « surchauffé », car il ne fait pas si froid.

Je pars avec Stéphane, avec comme objectif d’essayer de rester avec lui le plus longtemps possible, la Sanglier est là aussi,  les 5 premiers km le long de la marne sont plats mais boueux à souhait, on échange encore tranquillement, ce n’est que l’apéritif !

Après l’aller-retour sur le canal, première grimpette vers Hautvillers, Stéph a des fourmis dans les jambes, il s’envole (je ne le reverrais qu’à l’arrivée, bon bé, je serais pas resté longtemps avec lui !), je monte en courant cette première difficulté, d’habitude, je marche un peu sur la fin de la côte de St Héléne, notamment sur la partie bitumée, là non, je suis bien, je ne monte pas trop dans les tours, donc j’en profite. Le passage dans le parc de Moêt et Chandon permet de récupérer un peu, puis de relancer encore en direction de Dammery.

Dans les vignes, le terrain est bien gras, mais finalement, ce n’est pas pire que d’habitude, donc, pas de surprise.

 

Un peu avant Damery, on passe par un joli single track dans les bois, et en revenant dans les vignes, je m’aperçois que deux ou trois rigolos on coupé directement par le chemin qui longe les bois par les vignes, ça m’agace un peu ! (et ca me rappelle les mots du Sanglier avant la course sur les gars qui coupent, hé, hé, allez on oubli et on avance).

 

J’arrive au premier ravito en 1h21, je bois un coca et je repars, la moyenne kilométrique est plus élevée que les années précédentes (je tourne à 11.4km/h de moyenne à ce moment là), mais je ne m’emballe pas, je décide de gérer tranquillement jusqu’au second ravito à proximité de Monthelon (village que je connais bien, mon beau-père y possède quelques ares de vignes). Je traverse donc Damery calmement, notamment sur la longue ligne droite qui nous fait traverser la Marne. Le passage à niveau est en vue…mince, la sonnerie retentie, les barrières s’abaissent, je marche donc tranquillement et rattrape  quelques concurrents (dont la première féminine, Sonia Semmad) lors de cet arrêt forcé. Deux trains passent successivement, ça décoiffe !

 

la montée vers Vauciennes après le passage à niveau (au loin Damery et son chateau d'eau)

C’est donc en petit groupe que nous nous élançons ensuite vers Vauciennes, avec de nouveau de jolis raidillons, que je grimpe toujours, avec étonnement, en courant. Certes, je ne vais pas vite, mais je cours là où je n’ai jamais couru auparavant. Je me fais l’effet d’être sur un VTT , tout en « moulinette », je monte donc lentement, mais sûrement, mais toujours sans me mettre dans le rouge. Je commence à me dire, que, finalement, je suis peut être dans un bon jour, j’en souris intérieurement (oui, parce que, en vrai, si on regarde les photos, je tire toujours plus ou moins la tronche).

 

D’un point de vu alimentation, je suis parti avec 1,2 litre d’eau, 3 barres et 4 gels. Après mes problèmes d’alimentation à l’UTMB, j’ai décidé d’être très vigilent à ce niveau. Je bois toutes les 20’ et éventuellement quand j’en ressens le besoin après une grimpette. Coté, solide, j’ai lu quelque part (je crois que c’était Eric Bonnotte sur le forum UFO), que l’idéal était de grignoter quelque chose toutes les 20’. Je mange donc une demi barre à 20’, puis 40’ et à l’heure, je m’engouffre un gel, je tiendrais ce rythme jusqu’au bout (je ne toucherais pas au ravito solide du 31éme).

 

Entre le 20éme et le 25km, c’est la partie que je préfère le moins du parcours, succession de passages relativement plat mais certains chemins en bordure de champs sont devenus une bauge à cochon, véritable patinoire argileuse où il est bien difficile de courir, mais je tente de m’économiser, je visualise mon prochain objectif : la côte vers Chavot et son église.

 

Nous sommes maintenant à hauteur d’Epernay, je rattrape quelques traileurs, mais pas beaucoup (mais je ne me fait pas dépassé non plus), je me sens de mieux en mieux. J’aperçois enfin l’église de Chavot de l’autre coté de la vallée, vraiment, je me sens bien, et en descendant vers Pierry, j’ai le sourire aux lèvres, pour de bon, cette fois.

 

Avant de traversé la nationale, je rattrape Christophe (Cornu, une connaissance de Reims), je m’enquiers de sont état, il a mal aux quadris, et commence à subir l’enchaînement des courses (marathon de Reims, Trail de Nouvion…). Enfin, la côte débute, et je me concentre sur mon souffle, je grimpe à petites foulées, le regard au sol, et finalement, presque trop rapidement, je me retrouve au pied de l’église encouragé par quelques spectateurs. J’en reviens pas, je l’ai enfin fait : j’ai couru sur cette satané cote, là où à chaque fois je me sens mal, même en marchant.

 

Mais c’est pas fini, car même si le second ravito prés de Monthelon approche, il reste quelques « côtelettes » bien savonneuses comme « la montée du Kriké » (merci Papy pour le nom de ladite côte). Pour grimper ce « téton glaiseux », il faut s’aider d’une corde (ou alors, je ne sais pas comment on peut monter ??), je tire bien sur les bras, j’ai la tocante qui bat la breloque, mais rien de bien méchant. Ensuite, pour redescendre, c’est « Holiday on ice au pays des acacias »,  toboggan de boue relativement dangereux, où sans me retenir aux épineux, j’aurais fini cul par-dessus tête…

 

Une fois en bas, je relance pour arriver sur le second ravito, et rattrape encore d’autres participants (à priori, certains ont moyennement apprécié le balai boueux, et s’arrêtent là) .Le ravito  est légèrement déplacé par rapport à l’an dernier : j’y arrive en 3h01 (soit ¼ d’heure de moins qu’en 2007). Je  fais le plein d’eau, boit deux  verres de coca (moins de 2’ d’arrêt) et je repars après 3h03 et des brouettes. Tiens,  mais je peux rentrer dans les 5heures alors ??

 

Maintenant, je me dis que le plus dur est fait, que je peux me lâcher, donc je me lâche, enfin, j’ai l’impression de le faire. Je continue de remonter  des gars (oui, a priori, la première féminine est toujours derrière), dont un triathlète qui grogne après la boue et un grand avec des bâtons (short rouge, bas blanc, ha, non, c’est pas un joueur du stade de Reims !) que j’ai déjà vu au Trail de la Montagne de Reims .

 

J’attends éventuellement mon traditionnel coup de trafalgard, de bambou, de barre à mine, mais rien, vraiment du bol aujourd’hui, alors j’en profite, commence à me dire que je pourrais p’être bien me faire la rue du château à Grauve en courant…

L’enchaînement « Morangis – Moslin- Montgrimaux » est correct,  sans plus, la montée dans les bois tapissés de feuilles est quand même pénible, et je suis obligé de faire quelque pas sur le final, car mes pieds s’enfoncent et je perds beaucoup d’énergie à courir dans ce bourbier.

 

Finalement, voilà Grauve et sa célébre cote du château, et paf ! c’est parti, je mouline, je mouline, je trottine, je mouline et ça passe. Evidement, les mollets crient au scandale, les cuisses hurlent leur désapprobation, mais je mets tout le monde d’accord : hé ho, qui c’est le patron ? le cardio ne s’emballe pas (je suis à 166 pulses de moyenne pour une fréquence max à 200, donc très correct), j’arrive au 40éme km en 3h50, donc il est même possible de passer sous les 5h00, on m’aurait dit cela le matin, je ne l’aurait pas cru !

 

Reste les falaises de Cuis,  où je dépasse Manuwalk sans le reconnaître, (je n’ose plus trop encourager les autres, j’ai peur que cela soit mal pris. D’ailleurs, en fin de course, quand on est dans le dur, on a bien du mal parfois à accepter les encouragements, enfin, c’est mon cas, donc je la boucle). Mes souvenirs de trouffion au 34éme Régiment du Génie (d’Epernay) refont surface (à Cuis, il y avait un site  de tire d’explosif), d’ailleurs en filant vers Pierry de nouveau, les trois principaux bâtiments encore debout apparaissent au loin sur la droite.

 

Pour rejoindre la nationale, il faut emprunter de long chemins herbeux en bordure de champ, je n’ai personne en ligne de mire, et cela me paraît long mais j’essai toujours de relancer, il reste à peine 6km. Je crois des membres de Trail Aventures qui ne participent pas à la course (Catherine, Natalie et Jean-Pierre) ils m’informent que Stéphane est à 2-3 minutes devant. Finalement, on était pas si loin l’un de l’autre (exactement comme en 2007, nous finirons à 2 places d’écart).

 

Enfin, Pierry est là, un final sans fin pour qui ne connaît pas le parcours, avec encore quelques bosses à grimper, je donne tout ce qu’il me reste pour rester dans l’allure. Dernière foulées sur le bitume, j’aperçois Edith qui m’encourage, croise Embrunman qui fait de même (lui ne me connaît pas), dernier virage à droite, dernier sprint, Claude Aubry du JCE qui fait la signalisation  me refile une dernière fois la pêche (c’est grâce à lui, entre autre que je n’ai pas abandonner à l’Origole 2007), les barrières sont en vu, je lâche tout, ou presque…..

 

Au final, 4h47’57’’, je ne l’aurais même pas rêvé ! 34éme (16éme senior) sur 246 arrivants, ce que je retiens le plus, c’est l’état de grâce (d'où le nom pompeux de ce CR) que j’ai ressenti à parti du 20éme km, après Vauciennes, sensation que rien n’arriverait aujourd’hui, que c’était mon jour. Je n’ai pas vécu cela depuis le grand Trail de Bouillon en avril, (et encore, je m’étais tapé un début d’hypo sur la fin).

 

Je retrouve Stéph dans le gymnase, incroyable de fraîcheur, comme d’hab’ (ce gars m’épate, mais alors…), tiens à propos, c’est le traceur du trail de la montagne de Reims, autant dire que c’est assez « roots ».

 

Puis, j’ai la surprise de retrouver Chtigrincheux, une Chimay à la main, il a préféré jeter l’éponge au second ravito,  ses genoux malmenés dans la boue n’ont pas apprécié (surtout qu’a priori il se traîne un problème aux ligaments croisés). Il a la gentillesse de m’offrir une Chimay bleue qui me fait voir un peu les étoiles, je savoure…



Photos de Chtigrincheux (il a toujours le sourire !)


 

Après une bonne douche chaude (hé si le Castor, cette année, pas de lingettes !!), je retrouve les amis au fil de leur arrivée, difficile de discuter avec tous mais globalement tous le monde est satisfait. Le temps de boire une coupe de champagne avec les copains de trail aventures  (1er par équipe) et il faut y aller, le temps fil trop vite, je dois ramener Philipe (Chtigrincheux) à Reims, il doit remonter vers son nord natal.

 

Voilà encore une bonne journée passée à courir et partager. Je retiens une nouvelle fois que c’est lorsque je ne prévois rien, pas d’objectif, que je réalise mes meilleurs courses.

Y a pas à dire, le Sparna, a toujours pour moi une saveur particulière…..

 

 

Ha oui, j’oubliais, c'est Sonia Semmad qui l'meporte chez les dames et c’est encore Mitch qui gagne chez les gars, pfff...

 

 

Historique de mes participations :

 

Année

Nom

Prénom

Sexe

Catégorie

/Général

/Sexe

/Catégorie

Temps

Vitesse

2008

BAUDRY

Sebastien

M

SE

34

34

16

4h47'57''00

10.42km/h

2007

BAUDRY

Sebastien

M

SE

82

78

33

5h16'19''00

9.48km/h

2005

BAUDRY

Sebastien

M

SE

230

209

54

6h00'24''00

8.32km/h


Fréquence cardique sur la course FCmoy : 166/Fcmax :185  (pour une FCmax à 200) donc du 83% , c'est honnête...


 

 Le parcours :

 

 



Maintenant, direction l'Origole dans moins de 4 semaines, pourvu que cet état de grâce persiste jusquà l'arrivée de cette drôlerie....

Commentaires

Le 12/11/08 à 17:45, commentaire de L'Castor Junior
Des douches chaudes ? On aura tout vu.
Pas difficile, dans ces conditions, de faire un temps canon :p
Plus sérieusement, chapeau bas, Mr Zeb : comme je te le disais avant le Pic St Michel, tu as fait des progrès très significatifs, et ce résultat le démontre une fois de plus.
Quant à moi, qui avais profité du forfait de Sonia l'an dernier pour venir goûter les joies de la course dans la glaise autour d'Epernay, j'aurais été bien incapable, cette année, de m'approcher des 5h comme en 2008.
M'enfin, peut-être reviendrai-je tenter le coup dans trois ans...
L'Castor Junior_clap_clap

Le 13/11/08 à 09:06, commentaire de Manuwak59
Bravo, la course parfaite sans prise de tête....
Un bon souvenir pour moi aussi ce 13 eme Sparnatrail. Content de t'avoir vu........A+ mec..

Le 13/11/08 à 15:12, commentaire de chtigrincheux
Tu parle et tu écris aussi intensément que tu cours
J’ai passé un magnifique week-end malgré la douleur qui s’avère être une lésion du ménisque …. Pour ma pomme l’année 2008 s’arrête aux pieds des vignes champenoises. Un nectar ce raisin tardif il est probablement meilleurs à cette période .De petites tailles mais juteux et sucré hummmmmmmm….. Tu t’es bien régalé c’est l’essentiel et merci d’avoir partagé avec moi de si bons moments.

Le 13/11/08 à 22:24, commentaire de chtigrincheuse
Quel magnifique cr ! Quel chrono ! Tu es vraiment tel que Philippe t'a décrit : un très grand champion d'une accessibilité et d'une gentillesse incroyables. Merci pour tout.

Le 14/11/08 à 09:25, commentaire de seb482488
Chapeau pour cette course qui doit être difficile (je ne l'ai jamais faite mais peut-être qu'un jour qui sait ?). Un très beau CR, bravo !

Et quelle progression sur 3 ans, impressionnant !!! Passer de 6h00 à 04h45 (ou presque), c'est vraiment une superbe courbe de progression, félicitations !

Peut-être à un de ces jours sur une course, qui sait ?

Seb, marcheur (et aussi coureur à l'occaz) du Nord.

P.S : Manuwalk en fait c'est Manuwak -sans L-(même lui ne l'aurait pas relevé ? Ou alors il a pas osé...), et du coup en français ca fait Manu le marcheur non ? ;) C'était mon petit clin d'oeil perso ! Allez, encore bravo pour cette course et pourvu que les bonnes sensations reviennent sur la prochaine course !

Le 14/11/08 à 18:02, commentaire de Karllieb
Attention, CR exceptionnel ! D'habitude, avec Zeb, c'est plutôt : "mouais, j'aurai pu mieux faire". Alors là, s'il est content de lui, c'est que vraiment, c'était la grande forme... Bon, je me moque. Moi, l'an dernier, j'avais arrêté au 2nd ravito. Trop de boue et trop collante. Alors Bravo Zeb ! Belle perf. A bientôt.

Karllieb


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