Récit de la course : Raid du Golfe du Morbihan - 175 km 2007, par may

L'auteur La course
Kikoureur : may
Si vous appréciez ce récit : faites le savoir !
Laissez un commentaire ici (il apparaitra en dessous du CR)
Envoyez un message à l'auteur (may)
may
Course : Raid du Golfe du Morbihan - 175 km
Date : 29/6/2007
Lieu : Locmariaquer (Morbihan)
Autres récits : il y a 19 autre(s) récit(s) de cette course dans la base.
Ce récit a été lu par 1385 visiteur(s) !
Distance : 0 kms
Matos :
Objectifs : Pas d'objectif

3e volet du triptyque Mercantour-Torhout-Morbihan: Raid du Golfe du Morbihan ou "celle qui fait n'importe quoi"

Le 18 juin 2007, après 31h09 de course, je franchis avec Alex, heureuse comme je ne l'ai jamais été sur aucune course, la ligne d'arrivée du grand raid du Mercantour. 

Le 23 juin 2007, vers 3h00 du matin, au 67e km, je m'écroule sur le bas côté de la route et abandonne sur mon 2e 100km route, alors que je visais un chrono.

Le 28 juin 2007, fin d'après-midi, je pars en Bretagne, incertaine de mon sort et remplie de doutes, pour courir le raid du golfe du Morbihan dont le départ a lieu le 29 juin à 18h00.

J'arrive en retard au rendez-vous avec le Shadock, en bas de l'immeuble de la boîte à sardines où je bosse (c'est-à-dire que je n'ai qu'à descendre d'un étage…). Ça commence mal. Puis, je remonte aussitôt, j'ai oublié mon portefeuille. Et je m'aperçois que j'ai oublié un truc super important (pour ne pas dire vital): mes lentilles de contact. Mais comme ça fait plus de 45 minutes que je fais poireauter le Shadock, je n'ose pas lui demander de passer chez moi… Tant pis, je vais courir sans rien voir… C'est comme ça. Je n'ai pas d'autre choix. On verra bien, c'est le cas de le dire… Je tente de me rassurer en me disant que j'ai déjà couru dans ces conditions déplorables la SaintéLyon en 2006, oui mais bon, ça ne faisait guère que quoi? 68 "malheureux" km… là j'en ai 178 à faire. Tant pis, de toute façon, le Shadock, je le connais pas, je peux tout de même pas abuser de lui, non? Déjà qu'il me conduit, qu'il a fait mes courses… faudrait pas pousser…

On quitte donc Paris en se laissant guider par Tomtom, dernier gadget-joujou du Shadock. Instantanément, ça parle de course à pied et notamment du Spartathlon, puisque le Shadock a eu confirmation de sa participation à cette course il y a quelques jours à peine. Et moi, cette course, elle me fait rêver. Alors ça papote ferme. On avait prévu de s'arrêter manger quelque part, mais on parle trop et on roule bien et quand enfin on s'aperçoit qu'on a faim, tout est déjà fermé. On se retrouve à manger quelques biscuits sur le parking d'un restaurant rapide… tant pis pour la diététique du "sportif", on se marre et c'est bien là l'essentiel. On arrive à Arzon, il fait nuit, on campe sauvagement dans les hautes herbes, c'est chouette!

Le lendemain, comme on a du temps, on flâne tranquillement. On a un magnifique temps de Toussaint. On se ballade, on visite, on regarde la mer. J'adore le crachin, ça me fait penser au Nord de la France, à mes années estudiantines. A midi, on s'installe dans un restaurant pour manger tranquillement. Je choisis des tagliatelles et noix de Saint-Jacques. Le Shadock copie sur moi. On boit une délicieuse bouteille de Saint-Emilion grand cru 2003… Excellent! Quand enfin on se dirige vers la voiture pour se préparer, on constate que les cars qui doivent emmener les coureurs vers le lieu du départ (Locmariaquer) sont pratiquement pleins et prêts à partir. On serait pas en retard, des fois? On se change, on fait nos sacs en 2 temps, 3 mouvements, puis on grimpe dans le dernier car. Là, c'est le vide presqu'inter-sidéral: je suis la seule féminine. Bon, ça n'a aucune importance. On raconte des blagues avec le Shadock, mais tout de même, je le sens un peu…. stressé???? tendu???? Moi, je m'en fiche, vu ma déconvenue la semaine précédente, je ne pense à rien, mais tout de même… le Shadock tendu… c'est le monde à l'envers! Enfin, une belle blonde monte dans le car et s'installe près du Shadock. Elle me demande combien on est de féminines inscrites sur le raid. Je sais pas pourquoi, je lui réponds 17. En fait, on est 29 féminines sur 355 partants. Elle discute avec le Shadock, je l'entends qui raconte qu'elle a couru x fois le GRR et l'UTMB. Bon, ok, c'est génial, elle monopolise l'attention du Shadock, je vais pouvoir enfin piquer un petit somme, car, comme à mon habitude, j'ai du sommeil en retard.

Nous arrivons sur le lieu du départ. Nous faisons la queue pour retirer nos dossards. Dans la file, un coureur me parle, il me dit qu'il a couru le GRR. Décidément! Ça me fait sourire. Bon, alors moi, j'ai pas trop envie de parler, en fait. Mais bon. Je n'ai d'ailleurs rien à dire: une expérience insignifiante, pas de palmarès probant. Tamiou vient me saluer. Il a l'air en forme et enthousiaste et tellement amoureux de sa "petite femme" comme il dit si bien. Ça me fait rire. Il est mignon. Je me rends compte que je n'ai pas de brassard. Le Shadock, lui, n'a pas de couverture de survie. Mais j'ai une couverture, moi. Et Hervé a un brassard. Alors on fait notre cuisine, on découpe la couverture et le brassard en deux, on partage et le problème ainsi est résolu. Pour la première fois de ma vie, j'ai un téléphone portable que j'ai emprunté, qui fait partie du matériel obligatoire. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne ce machin.

Le 28/06 à 11:02 "Vas-y May! On est tous avec toi. Mais surtout, fais-toi plaisir… pas de pression, que du bonheur!" Karllieb

Le 29/06 à 14:09 "Salut May, dans 4 heures le départ. Le dossard 364 emporte toute notre amitié" Karllieb

Le 29/06 à 16:33 "Allez May! Je suis avec toi, je pense à toi, bonne course, je t'embrasse" Bernard

Et un coup de fil de Zeb qui m'encourage, outre son mail amical de la veille. Ça me fait plaisir. Merci à vous.

Vers 16h30, je reçois un appel d'Alex. Je repense aux mots qu'il m'avait adressés: "Y aller sans aucun objectif, aucune pression, juste pour s'amuser, se faire plaisir, le plus longtemps possible…" Merci Alex, tu es égal à toi-même: adorable!!!

Nous patientons avec le Shadock, affalés dans l'herbe, le temps d'une éclaircie et quelques rayons de soleil. Plus le départ approche, plus on fait les clowns. Départ moins 10 secondes, 2 bises pour s'encourager et c'est parti!

Bon, évidemment, je ne sais pas où je mets les pieds. D'abord parce que je n'ai jamais couru plus de 102 km (Mercantour 2007). Ensuite, parce que je n'ai aucune idée du terrain. Enfin, parce qu'au niveau de ma forme générale et de mon envie de courir, je ne sais pas du tout où j'en suis, après mon échec la semaine précédente en Belgique, et parce que j'ai continué à mener une vie fondée sur du n'importe quoi: les nuits étaient trop courtes (parfois blanches), les dossiers s'entassaient, les urgences se succédaient, et il me fallait gérer le quotidien. Je décide donc de partir calmement. Pour le reste, on avisera selon les sensations. Et les sensations sont mauvaises dès le départ, à cause principalement d'une douleur aux deux tibias que je reconnais. Je sais qu'elle finira par partir, mais en attendant je dois la supporter, prendre mon mal en patience. Beaucoup de coureurs et de coureuses me doublent très vite. Je les laisse filer. Le soleil nous accompagne. Nous longeons les plages. Il y a la mer, le roulis paisible et sans fin des vagues. Les prés et leurs mauvaises herbes, magnifiques, c'est superbe, j'adore les mauvaises herbes, ce sont mes fleurs préférées. Les spectateurs nous encouragent chaleureusement. Il fait bon. Le paysage est sublime.

"La vie est belle, profitons-en" Bernard

Mon prénom est inscrit sur mon dossard. Cela m'amuse et je pense que les gens vont l'écorcher. J'ai l'habitude. Mais je suis surprise: les spectateurs m'encouragent et prononcent parfaitement mon prénom, ça me fait sourire, à deux exceptions près; en effet, par deux fois, mon prénom devient Maïwen et j'explose alors de rire: on est bien en Bretagne et je suis une vraie Bretonne pour une durée maximum de 48 heures.

Mon allure n'est vraiment pas rapide. Je cours à la sensation, sans me prendre la tête. Beaucoup de féminines et de coureurs m'ont doublée, ce n'est pas grave du tout. J'en profite pour admirer le paysage. Je fixe mon ombre portée qui me fait toujours autant rire. J'observe la végétation, je regarde l'horizon, la mer encore calme et silencieuse. Des touffes d'herbes ici et là disséminées sur le bord de la plage, des tâches vertes d'où se dégagent des petites pointes roses et rouges. La fraîcheur des sous-bois, le plaisir que ressentent mes pieds à entrer en contact avec le sol meuble. Les chemins en terre, les zones boueuses et le bitume lorsque nous traversons les villages dont les rues sont bordées de roses trémières. Je me laisse aller à la divagation. L'air est iodé. La diversité des sols, les relances incessantes, alterner sans cesse bitume, chemins de terre, sols boueux, herbes, sable, cailloux, rochers de bords de mer, racines sombres et têtues, et relancer toujours, voilà, outre sa distance, en quoi réside la difficulté de ce raid.

Au bout de 2 heures, la douleur aux tibias disparaît enfin. Malgré cela, ce n'est vraiment pas la grande forme, je me sens pataude. Ce n'est pas grave. Je suis là pour me faire plaisir autant que possible. Je me laisse aller à la divagation et profite du jour, qui va inévitablement décliner, pour admirer le paysage. J'arrive au 3e ravitaillement (Le Bono 35,27 km) après 4h14 de course, soit une allure d'environ 8,1km/h: c'est vraiment pas terrible, mais bon, je fais avec. Et puis, ça se dégradera encore avec la nuit, la fatigue et les kilomètres engrangés, ça ne sert donc à rien de s'énerver. Les ravitaillements sont très bien approvisionnés et les bénévoles adorables. Les spectateurs sont toujours aussi chaleureux. En cours de route, je me retrouve à faire un bout de chemin avec un coureur. Il me raconte qu'il a établi ses temps de passage avec une précision redoutable pour un objectif de 32h. Il est un peu furieux contre lui-même, car il est parti, selon son tableau, trop rapidement. Il tente de se calmer. Je le trouve amusant et touchant. Il me dit qu'il avait couru l'an dernier le semi-raid et que cette année il espère bien boucler le grand. Nous trottinons un instant ensemble, puis je le laisse peu avant d'arriver au 4e ravitaillement.

Au 4e ravitaillement (46,11 km), je ne m'arrête que pour prendre 2 morceaux de pain et 2 carrés de chocolat, je bois un verre d'eau, je saisis un verre de coca et je continue en trottinant. Je veux profiter des dernières lueurs pour tenter d'effectuer un maximum de distance avant l'arrivée toute proche de la nuit, car ce sera là, en raison de ma myopie et de mes problèmes oculaires, la principale difficulté de la nuit. A ce ravitaillement, je double la jolie blonde qui a fini plusieurs fois le GRR et l'UTMB et qui était avec nous dans le car. Le peloton commence à bien s'étirer. Je continue à avancer. Puis le jour tombe et il se met à crachoter. Je double une autre féminine, qui me redouble alors que je sors ma frontale et ajuste mon bonnet. Puis, je la double définitivement. Je longe la mer, reprends un petit chemin sinueux et boueux, débouche sur un sentier. Le terrain est sans cesse changeant, glissant à souhait, des petits chemins étroits et stupides et des sentiers plus larges, de la boue ou des flaques d'eau dans les marais, des racines têtues et je ne vois rien. Il crachote beaucoup, cela ne cessera pas de la nuit.

23:35 "Cours May, le vieux monde est derrière toi" Karllieb

Entre ce moment et le 5e ravitaillement, je me casse la figure presqu'une dizaine de fois. Rien de plus normal: je ne vois rien. Mais ça m'use, l'air de rien. Pour me donner du courage, j'écoute de la musique: Christophe Miossec parle du stade de la résistance et de Brest. Les coureurs, très sympas, me relèvent quand je m'entête à faire des figures de style entre mes 155 cm et le sol. C'est vraiment sympa, car ils ont toujours un mot d'attention qui accompagne leur geste. Rien de dramatique cependant, je me relève toujours et j'arrive au grand ravitaillement de Larmor Baden après 7h03 de course (53,02 km). Je passe au pointage avant d'aller me ravitailler. Je n'ai pas faim. J'ai envie de repartir très vite, mais je perds beaucoup de temps à force d'hésitation. J'ôte mon tee-shirt à manches courtes pour en revêtir un à manches longues. Je m'étais fabriqué un sandwich avec 2 morceaux de pain et une tranche de jambon, mais le temps de chercher ma crème nok dans mon sac, je me retourne vers mon sandwich et m'aperçois qu'un chien vient de me le chiper, ce qui ne m'amuse guère. Alors pour la première fois, je perds patience. Je suis obligée de me relever, pour me confectionner un autre sandwich. A cet instant, j'ai mal à la cheville et au tibia gauches. Je perds encore un peu plus de temps à tenter de réfléchir, dois-je ou non porter ma chevillière? Finalement non. Le temps de changer de chaussettes, de boire un autre verre de coca, d'avaler un gâteau de riz, de remercier les bénévoles et je repars.

Le peloton s'est effiloché et je me retrouve parfois seule sur certaines portions, cela ne me déplaît pas, au contraire. La nuit est noire et il ne cesse de pleuvoir et tout cela rend ma vision encore plus difficile. Le terrain est égal à lui-même, c'est-à-dire qu'il est constamment changeant avec ses obstacles divers et variés que sont toujours les racines, la boue, l'eau, les cailloux. Cela demande une grande concentration. Je continue encore de me vautrer à plusieurs reprises. Ça commence à devenir pénible et j'en ai marre de me casser la figure…

03:21 "Courage May, je suis à côté de toi!" Bernard. J'éclate de rire! 03h21! Merci Bernard!

La nuit est noire. La nuit est belle. Il crachote toujours. Parfois, je me retrouve à courir avec d'autres coureurs. Je constate alors que je suis nulle dans les petits chemins très étroits, notamment parce que je ne vois rien de rien, et me fais doubler par pas mal de monde. Par contre, dès que la route redevient large et, plus particulièrement sur le bitume, je double un paquet de coureurs. A plusieurs reprises, nous nous perdons, car la route est à certains moments mal balisée. Nous perdons alors beaucoup de temps et d'énergie. Tant pis, il faut composer avec. Et puis, je me retrouve seule pendant un certain moment. J'aime ça. Il pleut toujours. Je ne pense à rien. Je repense au Mercantour, à cette joie, ce bonheur et cet honneur immenses qui me furent donnés de courir avec Alex, à mon échec à Torhout, mon désarroi et ma tristesse. J'ai l'âme légère, qui divague. Je pense à Alex. Sa philosophie de la course à pied. Singulière et touchante, unique. Sa vision du monde. Je ne connais personne comme lui. Je veux aller loin, très très loin. Tiens, mais il est 4h00 du matin, bientôt le départ du TGV! Je décide d'appeler Alex, et tombe sur sa messagerie sur laquelle je bafouille un petit mot d'encouragement. Puis je me concentre de nouveau sur ma route. La nuit laisse peu à peu, au loin, place à un léger camaïeu de gris. Il est 5h15, quand je reçois un appel du Shadock qui est arrivé à Vannes. Il me demande où j'en suis. J'en suis loin, moi, encore. Il me reste bien 14 bons km avant d'y arriver. On s'encourage et on retourne chacun dans sa nuit.

Au 7e ravitaillement, il fait jour et il a enfin cessé de crachoter pour le moment. Je retrouve Tamiou. Je lui demande comment il va. Il me raconte qu'il a laissé filer sa championne de femme qui était 3e féminine, qui s'est senti pousser des ailes. Il me dit qu'il n'a pas la forme. Il hésite à repartir. Il grimace. Je lui dis de venir avec moi, je l'embarque. Mais il ne veut pas, alors je repars seule. Avec le jour, j'ai moins de difficulté à relancer, et je double régulièrement un certain nombre de coureurs. Je n'ai aucune idée de mon placement, tout ce qui importe c'est que je retrouve à cet instant d'excellentes sensations, alors je file vers Vannes. Je retrouve la pêche et j'ai jusqu'à Vannes un bon rythme. Je reçois un appel de Zeb, qui vient de se lever pour aller courir. Il demande de mes nouvelles. Ça va. Je lui raconte entre autres choses que j'ai laissé un message d'encouragement sur le portable d'Alex pour le TGV. Zeb se marre. Ben oui, je me suis trompé de jour! Pour la première fois, je ne suis pas en retard, non, j'ai juste 24h d'avance! Oup's! Heureusement que je suis tombée sur sa messagerie!!! Quand on n'a pas de tête et qu'il faut l'utiliser, on est bien embêté! Il se remet à pleuvoir! J'ai vraiment la pêche nom d'un chien!!! Alors je file, je trace, je suis heureuse, je double un paquet de coureurs. L'un d'eux me dit "T'as la pêche dis donc!" Je souris, je le salue amicalement et file. 1km avant d'arriver au ravitaillement de Vannes, j'entends une femme crier "Allez Madame, c'est super! Vous allez y arriver! Bravo!". J'éclate de rire, je me tourne vers elle, la remercie et file. Je suis heureuse.

08:51 "Bonjour May, j'espère que la nuit n'a pas été trop dure. Dernier effort et ce soir tu arrives! Je croise les doigts, je t'embrasse" Bernard

J'arrive enfin à Vannes (km 94,76) après 14h17 de course. Je pointe et m'installe pour me ravitailler. Je ne ressens pas à proprement parler la faim, mais je m'oblige à manger un sandwich de jambon, parce que, bizarrement, j'ai quand même une espèce de fringale incroyable! Je bois beaucoup de coca. Puis je me dirige pour me faire masser. Et là, je perds 40 mn, et ça m'énerve! J'hésite à attendre, à repartir. Finalement, je nettoie mes jambes pleines de boue et me fais enfin masser. Mais je me rends compte que je n'aurais pas dû attendre, que c'est une erreur! Car j'ai non seulement perdu énormément de temps, mais je me suis refroidie et le massage ne m'a pas été aussi bénéfique que je l'avais espéré. Quand je comprends ma grossière erreur, j'ai déjà perdu beaucoup d'énergie (outre du temps) à cet instant, alors que je comptais en récupérer. C'est vraiment dommage! Quelle imbécile je suis! Je repars et croise un coureur qui me dit, alors que je ne lui ai rien demandé, qu'il vient de vomir! Je l'encourage et file. Je tente de repartir. Je croise quelques coureurs décomposés. Moi-même, je ne sais pas pour quelle raison, je ne parviens pas à relancer et cela m'agace. Je suis fatiguée. J'ai très mal aux yeux. Bon, puisque je ne suis bonne à rien, je décide finalement de m'arrêter pour dormir. Ça tombe bien, il y a là un banc. Je m'y allonge et dors une vingtaine de minutes. Puis je repars. Je retrouve le coureur qui a fini de vomir. Celui-ci me demande si j'ai bien dormi. Je ris. Je lui demande s'il va mieux. Nous parlons un peu. Il est sympa. Puis, il me demande si je connais Katell Corne. Je lui dis que je la connais juste de réputation, à travers les magazines de trail, c'est une grande championne. Il me dit qu'il est son petit ami et me parle d'elle. Je pense que ça lui fait du bien de parler d'elle, alors je reste un moment à l'écouter. Il me demande quelles sont les courses que j'ai courues. Ça me fait rire. Je n'ai pas grand-chose à raconter. Il me dit que je dois être dans les 10 premières féminines. Je ris. Je ne sais pas quoi dire, je bredouille un "Ah bon…?" incrédule. Puis, j'essaie de le tirer vers l'avant. Mais il ne veut pas. Il me dit de le laisser et de filer. J'hésite un instant. Il insiste. Ok, je pars.

12:17 "Comment ça va? Vas-y May!" Jérôme

15h13 "Ça va comme tu veux May? J'aimerais être avec toi pour t'aider. Tu attaques le moment le plus dur d'un ultra. Tiens bon May, t'es une grande! Je t'adore. Bises" Bernard

Au 9e ravitaillement (km 109,6), on me dit en effet que je dois être dans les 10 premières féminines. Ça m'amuse. Je rencontre une féminine qui est au téléphone au moment où j'arrive. J'entends quelques bribes de sa conversation. Je pense qu'elle est en train de rendre des comptes à quelqu'un comme un coach… Elle dit "Tu sais, je fais de mon mieux…" et "Oui je sais, je vais essayer…" puis encore "Je fais vraiment de mon mieux…" Elle a l'air triste, elle me fait de la peine. Puis elle file très rapidement. Je bois deux grands verres de coca et je repars tranquillement. Je remonte encore deux coureurs et je vois sur un sentier cette femme devant moi. Aucune précipitation, elle est dans ma ligne de mire. Je fais attention à conserver mon allure, je suis régulière. Je me rapproche d'elle, irrésistiblement. Je la sens qui s'affole. J'arrive à sa hauteur, puis la dépasse. Nous ne nous disons pas un mot. Je pense qu'elle est là avec un objectif précis. Ça ne doit pas être très drôle pour elle. Elle tente un instant de rester au contact, mais je file. Pas de précipitation avaient dit Zeb et Bernard. Régularité avait complété Bernard. Donc j'applique. Et, surtout, "Y aller sans aucun objectif, aucune pression, juste pour s'amuser, se faire plaisir, le plus longtemps possible…"

16:26 "Andiamo!" Karllieb

Je m'applique. Les bonnes sensations reviennent, naturellement, c'est super!!! Je double un autre coureur et une autre féminine qui, je le sens, panique un peu aussi. Peu avant d'arriver au ravitaillement de Noyalo (km 126,59), j'ai subitement atrocement mal aux yeux. Ceux-ci me brûlent horriblement. J'ai beau les mouiller avec de l'eau, puis les essuyer avec un kleenex pour tenter d'en atténuer la douleur, mais rien n'y fait, mes yeux me brûlent. Quand enfin j'arrive pour pointer, je souffre au point que de grosses larmes, que je ne peux contenir, coulent sur mon visage. J'ai vraiment très très mal. Les bénévoles, adorables, viennent spontanément vers moi. Ils sont attentifs et très prévenants et me proposent qui du coca, qui de la soupe, qui un sandwich. Je les remercie et leur explique brièvement que ce sont "juste" mes yeux qui me font souffrir, que ça va passer. Je ne veux pas m'éterniser à ce ravitaillement. En outre, je rejoins à cet instant 2 autres féminines. J'avale un gâteau de riz, bois 2 verres de coca, tout en observant les coureurs que les épouses aimantes et dévouées assistent. Ça me fait sourire, ils sont mignons. J'enfouis 2 pâtes de fruits et un morceau de pain dans mon sac, je remplis mon camel et repars aussitôt.

Un bénévole me dit "gauche, gauche". Ok, gauche, gauche. J'avance, mais il n'y a plus de balise. Je reviens en arrière. Il y a bien une balise qui indique de tourner à gauche. Ok, je repars. Je fais des allers-retours. Je perds du temps, une bonne quinzaine de minutes, et là, ça m'énerve vraiment! Je perds du temps, mon avance se réduit. Je suis seule sur le bord de la route et je m'énerve toute seule, je crie, je suis très en colère, je laisse mon sale caractère s'exprimer. Nulle envie de le retenir, cette fois-ci le manque de précision du balisage m'irrite vraiment, alors je gueule toute seule. Une voiture arrive, à l'intérieur, il y a deux bénévoles qui m'indiquent la bonne route. Je repars, mais je sais que je ne pourrai plus rattraper le temps perdu. Je file. Je commence à avoir vraiment très très mal à l'ensemble pied-tibia-cheville gauche. Ça m'inquiète un peu, mais je ne veux pas y penser, je file. A environ 5km du 11e ravitaillement de Sarzeau (km 143,35), je suis rejointe par deux coureurs et une féminine que j'avais doublée. Ils me disent que le mouvement de mon ensemble pied-tibia-genou gauche, qui vrille vers l'intérieur, est impressionnant. La féminine me dit "Tu es séniore. Tu as le temps." Elle me dit qu'elle court depuis bientôt 10 ans. Elle est une jeune V2. Elle me dit "Si tu veux tu me doubles, moi ça ne m'intéresse pas". Bah alors si ça t'intéresse pas, pourquoi tu m'en parles? Bref, je comprends pas trop, moi j'ai mal. Je pense à mon ensemble pied-tibia-genou gauche qui m'inquiète. Sarzeau semble inatteignable. Je leur dis de filer sans moi, je vais faire une sieste et reposer mon ensemble pied-tibia-genou gauche. Je m'installe sur le bord de la route, sur l'herbe, je me sers de mon sac comme d'un oreiller, je me recroqueville et commence à dormir lorsqu'un coureur s'arrête et me dit "Viens avec moi, le prochain ravitaillement n'est pas loin! J'ai déjà couru le raid, il est à peine à 1,5 km" "Ah bon? Je pensais qu'on était encore à 3 bons km" "Si, si, je t'assure, il n'est pas loin" Bon, ok, c'est parti. Je tente de le suivre, de rester au contact. J'ai sacrément mal. Je ne vais pas pouvoir continuer dans ces conditions.

Nous arrivons enfin au ravitaillement de Sarzeau. Immédiatement, je cherche la tente du kiné. Je passe de tente en tente, parmi les spectateurs, les bénévoles, les coureurs, et je comprends en croisant leurs regards que je suis dans un sale état. Sur le seuil de la tente du kiné, je repense à Vannes, à la queue, à l'attente, au temps perdu pour rien. En repensant à cela et en réfléchissant, les larmes coulent sur mon visage: j'ai tellement mal. Je ne veux pas perdre de temps, je veux filer au plus vite, tant qu'il fait encore jour, je ne veux pas passer une deuxième nuit dehors, je ne peux pas me permettre de forcer encore plus longtemps sur mes yeux. Je pense que la seule solution, pour pouvoir continuer, est de strapper le tout pour empêcher l'ensemble pied-tibia-genou gauche de vriller, en le maintenant droit. J'entre dans la tente, il y a là trois femmes et un coureur allongé. Toutes les trois se tournent vers moi, voient mes larmes (quelle gamine nom de diou!) et, très gentiment, me demandent si ça va. Je leur demande combien de temps je dois attendre pour qu'on me strappe. "Rien du tout, allongez-vous on s'occupe de vous" La kiné regarde mon ensemble pied-tibia-genou gauche. Le pied est enflé, la cheville et le tibia vrillent indéniablement vers l'intérieur, du coup le genou se dérobe. Elle me dit "Je ne pense pas qu'un strapping vous permette d'aller jusqu'au bout" Je n'hésite pas une seule seconde: "On strappe". Ok, elle nettoie ma jambe pleine de boue et strappe. Je les remercie toutes les trois, je file me ravitailler rapidement. Je suis chaleureusement accueillie par les bénévoles. Il y a là 5 autres coureurs. L'un d'entre eux mange tranquillement. Il me dit qu'il a abandonné, alors maintenant il a tout son temps. Il me fait de la peine. Je mange, je pointe et je repars, testant sur les premiers cents mètres mon strapping.

Ok, maintenant, il reste 35 km, même pas un marathon. Je file, mais très vite je suis très fatiguée. Et comme à chaque fois, quand je suis très fatiguée, il y a, comme par enchantement, un banc. Ok, je m'allonge et je dors 15 minutes. Puis je repars, je file, je veux profiter du jour pour effectuer le maximum de distance, avec la nuit, ce sera trop pénible. Je double deux coureurs qui me demandent si j'ai bien dormi. Il se remet à crachoter fort. Là, je ne regarde plus trop le paysage. Je suis dans un autre monde. Je suis seule. De toute façon, le paysage n'est pas spécialement beau. Je file. Il pleut de plus en plus fort. Je remets mon bonnet, sors ma gore-tex. Il crachote de plus en plus fort et je tente de garder un rythme acceptable. J'arrive au 12e ravitaillement de Port Néze après 26h51 de course (km 159,68). Il pleut très fort. Je pointe. Je me ravitaille rapidement et repars. Il reste maintenant 18 km avant l'arrivée. Je suis très près du but. Mais il y a la nuit qui va tomber, mon strapping et mes problèmes de yeux. Le prochain ravitaillement est à 8,62 km, alors je cours, je file. Il pleut très fort, puis il cesse de pleuvoir. J'augmente mon allure, je veux parcourir le maximum de distance avant la tombée de la nuit, après, ce sera trop dur. Le terrain est toujours aussi difficile en raison des nombreuses relances, racines petites, moyennes et grosses, petits cailloux enquiquinants qui trainaillent bêtement là où il ne faut pas et marches, en montée, en descente, casse-pattes, casse-gueule, interminablement. Heureusement, le sol est souple et cela me plaît beaucoup. Durant cette portion, je suis toute seule et effectue ces 8,62 km à une super bonne allure. A cet instant, je suis heureuse et j'ai confiance. J'ai de très bonnes sensations, malgré mon ensemble que je charrie tel un bout de bois mort. J'arrive 50 mn après au dernier ravitaillement (Bernon – km 168,3). Il fait nuit et il s'est remis à pleuvoir. Je pointe, je m'assois et me ravitaille. A ce moment, je redoute la nuit. J'ai peur, parce que je ne vois rien, parce que j'ai mal à mon ensemble pied-tibia-genou gauche mais, surtout, parce que je ne vois rien. Je suis vide. Il reste 9,63 km, c'est-à-dire rien du tout, mais j'ai peur. A cet instant, je reçois 2 messages.

22:39 "Combien de km il te reste?" Bernard 

22:39 "Si c'est dur, c'est que tu cours toujours yes!" Jérôme 

9,63 km, en théorie, il me faudrait au maximum 1h30 pour atteindre l'arrivée. Mais non, il fait nuit, je ne vois plus rien, il pleut fort à présent et mes yeux et mon ensemble stupide pied-tibia-genou gauche me font souffrir. Je sais alors à cet instant que mon rythme va être ridicule. Nul doute et cela me fait d'avance beaucoup de peine. Je me relève, le temps de raconter 2/3 blagues avec les bénévoles, et je repars seule. Voilà, c'est un chemin étroit et stupide, de ceux que je déteste quand je n'ai aucune visibilité, boueux et glissant, que j'emprunte. Déjà que je ne vois rien, alors s'il est étroit, c'est encore pire. Je n'ai pas le choix. Je me fais doubler régulièrement par des coureurs. Ça plombe mon moral. C'est vraiment idiot d'oublier ses lentilles et de se faire reprendre de cette façon. Je suis furieuse contre moi-même. Je m'en veux terriblement. Et je laisse le temps filer. Je n'ai aucune envie de tenter de limiter la casse, je n'avais qu'à pas oublier mes lentilles, bien fait pour moi, ça m'apprendra! Tout le long, je suis furieuse contre moi-même, ma colère est noire, ma rage contre moi infinie, je ne retrouverai plus le calme. Je ne me fais plus plaisir. Je n'ai pas envie de prendre le risque de tomber. Je suis tellement tombée que je n'en ai plus envie, c'est tout. Alors pour éviter de me casser la figure, je marche, le chemin est tellement étroit, je ne peux faire autrement. Je termine sans plaisir, juste histoire de terminer.

1 km avant d'arriver, Hervé est là, qui vient à ma rencontre. Merci Hervé, t'es un cœur d'artichaut. Je rouspète encore sur les derniers mètres. J'ai mis 2h30 pour effectuer ces 9 malheureux kilomètres, ça me flingue, ça me pourrit la vie, je suis furieuse furieuse furieuse contre moi-même. Je franchis la ligne d'arrivée, après 31h03 de course, sans rire ni sourire, mais avec le sentiment d'avoir réalisé une course mi-figue mi-raisin. Je termine 98e sur 355 partants et 188 finishers, 7e féminine et 3e dans ma catégorie SF. Je n'avais aucun objectif, sinon me faire plaisir. J'ai eu beaucoup de plaisir, mais celui-ci a été gâché parce que j'ai oublié d'emblée mes lentilles de contact, ce qui m'a indéniablement handicapée. Je n'avais qu'à pas faire n'importe quoi, ça m'apprendra! Hervé débouche le champagne et on fête, avec les bénévoles heureux, sa participation au prochain Spartatlhon. J'ai passé un beau week-end, merci à toi Hervé, je t'adore. Merci à mes amis Bernard, Jérôme, Seb. Merci Alex.

Rendez-vous l'année prochaine, pour prendre ma revanche avec mes lentilles de contact. D'ici là, celle qui fait n'importe quoi sera peut-être devenue celle qui fait un peu moins n'importe quoi.

626.jpg  300.jpg  636.jpg  635.jpg

327.jpg  637.jpg  643.jpg  647.jpg  631.jpg  4424.jpg  654.jpg

Chemins, herbes, pavés, route, boue, sable, caillasse... toute la beauté du paysage

3993.jpg L'Shadock en pleine action, il est trop fort Hervé!!!!!!!!!!!

J'ai puisé cette adoooooorable petite crevette img00155.jpg

 

Commentaires

Le 23/07/07 à 18:41, commentaire de veurb
Respect may, tout y est rire,larmes,joie peine,douleurs,plaisir...magnifique récit vraiment beaucoup d'émotions à le lire...merci may, merci...
fred_des_larmes_de_joies_brillent_pour_toi...

Le 23/07/07 à 19:39, commentaire de Bilo
Très beau récit, vraiment admirable. Bravo pour cette course !

Le 23/07/07 à 19:41, commentaire de laurent05
Whaou super may
Ça valait vraiment le coup d’attendre
Tu es vraiment trop forte 178 km dans le brouillard
Sans te perdre.
La prochaines fois comme handicap essayes avec une seule chaussure
Encore un régal à lire
Bravo trop trop forte
Bises
laurent


Le 23/07/07 à 21:37, commentaire de xavier'
Qu'il sont beaux ces récits, qu'elle est belle ton histoire, à toi que je ne connais pas ..... MERCI de ce n'importe quoi !!!
Xav'

Le 23/07/07 à 22:58, commentaire de JLW
Beau récit très émouvant et qui m'impressionne terriblement moi qui n'ose enchainer des petits trails de 50 bornes sans un minimum de repos entre ...
Je porte aussi des lentilles ... je ne saurai courir sans ... De plus sais-tu qu'il vaut mieux éviter de porter des lentilles plus de 24h d'affilée ... Problème insoluble ? Trêve de plaisanterie,
encore bravo tant pour ta performance que pour ta très belle prose.

Le 24/07/07 à 06:54, commentaire de rapace74
heuuuuuuuu bahhhhhhhh
bravo! bravo! bravo may!!!!!
tu es une grande dame, quand je te dis que tu es forte en voila encore la preuve......
a tres tres bientôt
manu

Le 24/07/07 à 10:15, commentaire de BENOS
Bravo May, chouette récit , l'année prochaine je te colle une raclée sur le Raid... Je déconne bien sûr. Merci pour ton aventure !

Le 24/07/07 à 11:15, commentaire de Zeb
Ca c'est du récit !! (faut que j'en prenne de la graine !!!!!!). Ca me donne 'achement envie d'y aller l'an prochain, c't'histoire !!!bon, faut que je me souvienne que les chemins peuvent être "stupide"(j'ai adoré cette expression) arffff !!!

Sacrée Super_Chaussette_myope va !!!

Seb_serpent_à_lunettes

Le 24/07/07 à 11:34, commentaire de thunder
Merci may pour toutes ces émotions, merci pour ce CR qui présente ta course de manière si personnelle et si belle. Tu as fait une très belle course (au delà de la perf). Beaucoup d'émotion à la lecture de ce CR, merci de nous faire partager tout ça.

Le 24/07/07 à 11:40, commentaire de robin
superbe C.R. May beaucoup d'émotion un grand plaisir à le lire.

Merci

Il fait envie ce grand tour et un peu peur aussi


Le 24/07/07 à 11:57, commentaire de taz28
May, tes récits sont toujours un véritable bonheur à lire !!!
Tu m'impressionnes toujours autant...May où vas tu t'arrêter ????
Merci de nous faire partager tes émotions de manière aussi belle...
Bisous
Taz

Le 24/07/07 à 16:35, commentaire de Le Lutin d'Ecouves
Tu fais comment ? Je suis totalement épaté par ce genre de performance.
Beau CR vivant et vécu de l'intérieur.

Le 24/07/07 à 17:36, commentaire de shadock
May, tu savais que tu n'avais pas tes lentilles et tu ne m'en as rien dit ! on n'avait pas encore trop de retard sur l'heure de rendez-vous donnée.
Merci de m'avoir laissé participer à cette aventure, un chapître de plus dans ce livre que tu écris à une vitesse dingueeeeeee !

Le 24/07/07 à 19:28, commentaire de akunamatata
très très bon récit Maiwenn !
sincèrement May tu nous amènes bien loin dans ta folie contagieuse. C'est beau.

Le 25/07/07 à 09:52, commentaire de Olycos
bravo à toi may...
Joli recit...

Et jolies petites photos ;-)

A ce we
Oly

Le 25/07/07 à 14:11, commentaire de nicnic38
ça valait le coup d'attendre un peu ;-)
Tu es toujours aussi touchante dans tes récits... Tu nous fait vraiment partager tes émotions (bonnes ou mauvaises)... C'est génial!

T'es vraiment une sacrée killeuse... myope mais surtout killeuse!!

Avec des lentilles et tes tibias soignés... je sais pas ce qui pourrait t'arrêter... l'horizon...

merci

Le 25/07/07 à 15:54, commentaire de WildInTheWoods
Grandiose!
Et un grand Bravo!

Le 25/07/07 à 16:39, commentaire de Khanardô
Un récit de May !
Je me l'imprime pour me le lire tranquille, et je reviens.
Bise, ad t'aleur

Le 25/07/07 à 18:53, commentaire de Tamiou
Magnifique réçit petite May, c'est en lisant des tranches de vies comme celles là qu'on retrouve l'envie de se battre pour pouvoir à nouveau en faire partie.

Bravo encore et à bientôt

Le 25/07/07 à 21:40, commentaire de patcap21
Bonsoir May

Respect pour cette leçon et surtout
un grand bravo....

Pat

Le 27/07/07 à 16:02, commentaire de gdraid
May,
Tu écris, comme tu respires.
Ton souffle fait tant de bien.
Biz +++
JC

Le 27/07/07 à 17:08, commentaire de titifb
Bravo MAY pour ta course, ton CR, ton émotion communicative...Tu es allée au bout avec courage et générosité. Respect !
Avec quelques petites-grosses erreurs en moins l'an prochain, tu devrais gagner de nombreuses heures !

Le 29/07/07 à 11:12, commentaire de Karllieb
Ben on l'a attendu ce CR ! Mais ça valait le coup. Bravo May. Et maintenant ? Quel enchaînement démentiel vas-tu encore inventer ?
Karllieb

Le 29/07/07 à 23:57, commentaire de Colimaçon
Chalut May


Bon sang que ton récit est beau! Tu sais, Hervé aurait un peu râlé pour les lentilles mais il aurait compris. Mais surtout que d'émotions dans ta course. Tu as puisé vraiment dans une farouche volonté pour la boucler et faire taire ce pied/tibia/genou et ces passages de nuit, ça m'en colle des frissons!!!!

Merci mille fois pour ce récit. Tiens, l'année prochaine, j'y serai aussi mais dans la version petit joueur (le semi). On se verra là bas!

Bizzz

Coli

Le 03/08/07 à 17:00, commentaire de lolo'
bravo may

Belle retranscription des sensations "je suis seule mais pas tout à fait"

on a beaucoup de courses de reves en commun et j'attend avec impatience de te croiser sur le chemin du toit de l'Europe avec les montagnes comme compagnes (entre autres) pour en reparler avec toi

a+

lolo


Laissez un commentaire ici.
Note importante : l'auteur du récit a la possibilité de modérer lui-même les commentaires qui sont faits sur son récit (en supprimant les commentaires indésirables).
Haut de page - Aide - Wie zijn wij ? - Faire un don - 0.24 sec.