Récit de la course : Trail Bulligeois des Poilus - 47 km 2007, par oufti

L'auteur La course
Kikoureur : oufti
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oufti
Course : Trail Bulligeois des Poilus - 47 km
Date : 11/3/2007
Lieu : Bully Les Mines (Pas-de-Calais)
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Distance : 47 kms
Objectifs : Balade
Aie le genou
Yo les kikoureurs,

Après quelques courses courtes en ce début d’année, il était temps pour moi de reprendre les choses sérieuses… Quoi de plus normal, étant de passage dans le Nord, que de courir ce trail des poilus. L’année passée, j’avais eu l’occasion de courir la course jumelle à Ablain. Je savais donc plus ou moins à quoi m’attendre.

J’arrive très tôt le matin vers 6h30 à la salle Ternois à Bully. Ne sachant trop que faire, j’enfile mes chaussures pour repérer l’état des chemins aux alentours. J’hésite entre mes salomons et mes nouvelles asics kayano. Les salomons c’est mieux avec la boue et la flotte mais elles sont dures et j’ai jamais couru plus de 2h avec. Le problème avec les asics est qu’elles sont neuves. Je décide donc de courir avec les salomons. Première erreur de la journée… Le sol sera relativement sec et les salomons trop dures pour moi sur ce type de sol.

Dans la salle, l’organisation est impec, vraiment rien à redire. Ah si j’oubliais : il n’y avait pas d’épingles pour le dossard pour les distraits comme moi. Comme quoi, y avait pas grand-chose à redire

Je sais que des kikoureurs sont au départ mais je ne les connais pas. Vivement des signes distinctifs !

Avec le temps annoncé , la tenue est estivale : cycliste, t-shirt (manches longues, on est dans le nord quand-même, hein! ) et la casquette. Une première pour ce trail : les fameuses chaussettes booster. Eh oui j’ai craqué… Mais pas les bleues et rouge (faut pas exagérer non plus !), les nouvelles grises et orange sont quand-même plus classe !

Pour le ravito, je change pas : camel avec caloreen et bicarbonate, 1gel/h, une gourde que je remplis aux ravitos avec de l’eau claire. Pas de solide pour une épreuve de moins de 5h.

8h30 : c’est le départ. Les premiers partent vraiment vite. J’aimerais rester dans le premier quart de course mais mes sensations ne sont pas très bonnes et je préfère temporiser. Faut dire que les salomons sur le bitume c'est pas le pied

Les 3 premiers kms de Bully à Aix se déroulent sur chemin dur et j’ai hâte de rentrer dans les bois et la boue pour tirer avantage de mes salomons. A Aix, les choses sérieuses commencent avec une succession de côtes pour costauds jusqu’au premier ravito. J'aime ce genre de terrain difficile et peu roulant. Je remplis ma gourde et ne perds pas de temps.

Vient ensuite une descente assez technique vers Hersin avec pas mal de pierres et de racines. Je dévale la pente à toute allure. D’habitude, je temporise dans les descentes mais comme j’ai de bonnes jambes aujourd’hui, je prends quelques risques. Ensuite, une section plate où nous traversons une cité minière, tournons sur un terril. Les écarts commencent à se creuser. Je compte seulement 5 ou 6 coureurs sur le terril. Ensuite, une bonne montée pour atteindre le centre aéré d’Hersin. Je connaissais bien le parcours jusqu’ici pour avoir fait la reco au mois de janvier. Eh oui, c’est que j’y vais souvent dans le grand Nord

Un petit groupe de 5 ou 6 coureurs s’est constitué, je ne sais trop comment. Je ne vais pas rester longtemps avec eux. Je suis en tête du groupe au départ d’une descente technique que je descends comme un fou. Au bas de la descente, je regarde derrière moi et je ne vois plus personne. Je me dis que je ne suis pas très raisonable. Comme le trou est fait, je continue seul. Et je vais le rester jusqu'à l'arrivée!

Ensuite, vient un long passage dans la forêt d’Olhain, je suis complètement seul, personne devant et personne derrière. Je regrette mes compagnons. Je dois faire attention à suivre le balisage car j’ai tendance à me perdre dans ces moments d’intense plénitude.

Au km 23, arrive le 2ème ravito. Je regarde ma montre et elle indique 2h de course. Cela fait du 11,5km/h de moyenne ! Waow je tiens la forme aujourd’hui. Mais je ne m’emballe pas et je décide même de lever un peu le pied, histoire de digérer mon ravito.

Et voici qu’arrive l’événement tragique de cette course En pleine décontraction, je laisse trainer un pied un peu bas et je trébuche sur je ne sais quoi, je pars la tête en avant et je tombe le genou gauche sur un caillou Je me relève et je comprends direct que je me suis fait mal. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai la poche à glaçons sur le genou… Je passe brutalement de l’état euphorique où tout est beau à une sinistrose totale : j’ai mal au genou et je peine à marcher normalement. Je décide de courir car je me dis que si je m’arrête, je ne pourrai pas recommencer à courir derrière. Il reste 22km à parcourir je pense.

Vient ensuite un sentier le long d’un golf, très joli sentier et très technique. Bizarrement, plus c’est technique et pentu et moins cela me fait mal. Dès que le chemin devient plat, et que la foulée s’allonge, le genou me rappelle à l’ordre.

Les kms suivants sont très durs parce que plats ! On traverse le village de Servins, les paysages sont très beaux, et le soleil commence à cogner fort. Je suis content d’avoir pris la casquette. Au km33, se situe le 3ème ravito. Je le vois au loin et je décide d’abandonner, ma douleur est trop vive. 14km dans ces conditions c’est trop dur





Et puis m…, quelques mètres avant le ravito, je décide de ne pas être raisonable et je décide de terminer quoi qu’il arrive. Cela va me donner un peu de force et de beaume au cœur. Je me mets dans la peau d’un UTMBiste à quelques kms de l’arrivée qui ne peut pas abandonner. Que ne faut –il pas faire pour être un héros ?

Ce qui m’étonne c’est que personne n’est encore revenu de derrière depuis le km20 je crois. Je me dis qu’il doit y avoir des dégâts derrière aussi. Ensuite, je ne me souviens de rien. Je ne pense plus qu’à mon genou et un véritable chemin de croix commence pour moi. Lorsque le genou me fait trop mal, je décide de marcher. Je compte alors 20 pas et décide de repartir aussitôt. Je sais que si je m’arrête de courir trop longtemps, il me sera alors impossible de recourir.

Je me souviens quand-même de la traversée à ND de Lorette, je reconnais le parcours de l’année dernière. Mais cette fois-ci, on descend la bosse qui conduisait à l’arrivée il y a un an. Je passe bien cette bosse sans trop réfléchir.

L’arrivée est difficile car trop roulante pour mon genou. Je vois le petit pont synonyme de l’arrivée. Sur le dernier km, je double quelques coureurs du petit parcours (le 23) qui me regardent bizarrement. Il est vrai que je ne suis pas beau à voir, en train de clopiner comme un animal blessé. On s'encourage mutuellement. Toujours pas de coureur du 47 ni devant ni derrière. J’ai l’impression d’avoir couru tout seul cette course !

Enfin, je passe sous l’arche après 4h42, je félicite les organisateurs pour leur travail. Et je m’allonge dans l’herbe au soleil. Après quelques temps je vois enfin arriver le coureur qui devait me suivre depuis pas mal de temps. Je veux me relever mais mon genou est complètement explosé, je dois faire le clown pour me mettre debout. Direction les douches et retour rapide car je suis attendu l’après-midi. Dommage pas le temps de discuter et de prendre l’atmosphère dans la salle.

Aujourd’hui, je me pose toujours des questions, je me demande si j’ai pris la bonne décision de continuer ou pas. Probablement, je viens de compromettre mon objectif de printemps qui est la translorraine 140km en 4 jours dans le sud de la Belgique. Il ne reste que 3 semaines… Mais d’un autre côté, je suis fier d’avoir terminé cette course avec le mental, car je sais qu’il en faut sur des courses plus longues que j’aimerais faire. Et puis, de toute manière, j’avais pas envie d’abandonner aujourd’hui, surtout que je n’ai jamais abandonner sur un trail, et que plus tard ce sera, mieux ce sera !

Oufti_qui_a_la_poche_a_glacons_sur_le_genou

Commentaires

Le 12/03/07 à 22:42, commentaire de Manuwak59
Beau récit et quel courage !
Tu verras bien dans quelques jours mais je pense que tu ne regretteras pas d'avoir poursuivi cette aventure. Et comme tu dis, c'est bon pour le mental.
Bonne récup,

Le 12/03/07 à 22:42, commentaire de JLW
Quel courage en effet d'avoir terminé dans ces conditions. Tiens nous au courant pour la suite.

Le 13/03/07 à 06:42, commentaire de sylvain61
T'inquiètes pas Oufti...dans 3 semaines tout sera redevenu normal et tu verras l'Orval et l'ambiance belge fait des miracles ! et là tu me viens saluer la grande gueule en orange avec des booster bleues !!

Sylvain61_le garnd en orange qui a morflait aussi

Le 13/03/07 à 07:11, commentaire de espace_marathon88
Salut Oufti!

Un grand bravo pour avoir terminé cette course malgré ta chute. Soigne toi bien et meme si tu ne peux pas faire la translorraine tu trouvera un trail encore plus beau.
bon courage a+

Le 15/03/07 à 15:05, commentaire de seb59
Salut Oufti,

MDR on s'est loupé au Bullygeois !
Super CR et bonne galère pour moi également. Je l'ai terminé au mental et grâce à Marathman qui m'a filé un sacré coup de moral sur le parcours du 30 au 47 ième km.
Nous serons 5 ou 6 à la Bouillonnante si tu souhaites une solution de repli / à ton genou.
Bonne récup et soigne toi bien...

Séb

Le 16/03/07 à 12:58, commentaire de mikesurlenet
félicitation pour ta course
sportivement
mikesurlenet


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